Humeur : « l’atelier » est-il la nouvelle cuisine des femmes ?

Dernièrement je trouve que ça commence à sentir mauvais pour nous les femmes. Pas une grosse odeur facilement reconnaissable que l’on pourrait pschitter un bon coup, non des effluves légères qui chatouillent de trop près les narines de certains et certaines.  J’ai toujours eu du pif, j’ai même sauvé mes collègues d’une mort certaine en détectant de la fumée dans un ascenseur, c’est vous dire. Et là mon pif me dit, attention, y a un feu qui couve, peut-être même des braises de 40 ans d’âge qui ont attendu patiemment pour être ranimées.

Manif pour tous, théorie du genre, un papa une maman, retour sur l’IVG, où veut-on en venir ? Ou bien revenir ?

Faisons un bref retour en arrière d’à peine 4 décennies, la place de la femme était là grosso modo (je vous la fais courte, en effet, nous aurions pu mettre de nombreux points rouge dans toute la maison) :

Capture d’écran 2014-02-19 à 11.31.11

 

 

 

 

 

 

Tandis que celle de l’homme plutôt là. (enfin bon près de la télé, il avait une excuse, y avait que 3 chaines et pas de télécommande)

Capture d’écran 2014-02-19 à 11.34.02

 

 

 

 

 

 

Heureusement, dans les années 1970, des femmes ont osé sortir de chez elle et ont balancé leur soutifs à la tête de leur mec et de la société. A partir de là, on a continué  à en trouver  la cuisine, mais aussi dorénavant ici :

cartoon-vecteur-silhouette-ville-materiau-style_15-1569

 

 

 

 

 

 

Ce qui était bien c’est que nos ainées avaient toujours un repère :

Capture d’écran 2014-02-19 à 11.45.06

 

 

 

 

 

 

Et qu’heureusement, le portable ne fut inventé que tardivement ce qui leur laissa une relative tranquillité quotidienne (puisqu’il fallait bien en contrepartie se coltiner d’autres spécimens au travail)

Bref, petit à petit, ces femmes comme ma mère, puis moi avons pu nous intégrer dans de nombreuses pièces, à de nombreux postes, aller nous acheter des affaires avec notre argent, décider de nos pensées, devenir adultes et plus mineures.

Reconnaissons que l’homme aussi a essayé de s’approprier des pièces inconnues de la maison, on l’a trouvé parfois sur le seuil de la cuisine pour demander timidement « C’est bientôt cuit ?’ voire se proposer d’aider sa femme/compagne etc. Il s’est éloigné de la télé (c’est normal la télécommande venait d’être inventée).

Bref, nous prenions le chemin d’une certaine égalité des chances jusqu’à ces dernières années (2, 5, plus ?) des soubresauts rétrogrades ne viennent enrayer le moteur de la voiture féminine.

On s’était plutôt endormies il est vrai, prenant pour acquis des avancées bien jeunes comparées à deux millénaires. Je n’ai pas eu à balancer de soutif pour aller à la fac, obtenir un boulot, faire mes enfants à 30 ans et tous mes autres choix. Aujourd’hui, pour une certaine catégorie privilégiée de femmes dont je fais partie, nous avons tous les choix : rester à la maison et s’occuper de nos enfants, travailler, rester travailler à la maison, toutes les combinaisons sont possibles.

Est donc arrivé forcément le temps de se ré approprier sa maison, mais d’une autre manière vues les nouvelles conditions. Puisque nous n’étions plus confinées dans la cuisine, nous sommes nombreuses à investir qui un bout de garage qui un sous sol, qui un grenier qui une pièce abandonnée, et d’en faire notre atelier. Car oui, à en croire la blogosphère, Pinterest et les études, nous sommes créatives (et pas scientifiques…sic). Tricot, couture, peinture, dessin, déco, tous ces loisirs autrefois valeurs sures pour se marier reviennent dans la danse pour le plaisir. Nul besoin réel mais le plaisir de faire et créer.  Et quoi de mieux qu’un endroit rien à nous pour pouvoir exprimer notre créativité sans être dérangée ? Quoi de plus normal de s’installer dans une pièce dédiée y entreposer nos oeuvres et décréter que No pasaran pour le reste de la famille ?

ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Est-ce que l’on ne vient pas de nous remettre nous-même dans une cuisine ? Pourquoi tant de femmes décoratrices d'(se leur) intérieur et d’hommes architectes ? Le docteur et l’infirmière version maison ?

A l’heure où une certaine catégorie de personnes (parmi lesquelles des femmes – ça me dépasse) tente gentiment de nous dire que la femme est plus douce et sensible « par nature » que ce sont de merveilleuses petites mains et qu’il serait dommage de les abîmer dans des bureaux haut perchés, je me pose 2 minutes et moi qui travaille à la maison, je me demande quelle image je renvoie ? Quand je pars m’isoler le week end pour peinturlurer 2 cadres, coudre 2 chemises, je commence à avoir des doutes.

Parce qu’au final, notre place est peut-être désormais au bureau ou là :

Capture d’écran 2014-02-19 à 12.09.08

 

 

 

 

 

Mais quand (re)vient l’heure de diner,  qu’est-ce qui change ? Que les hommes doivent crier plus fort pour  demander quand est-ce qu’on mange …?

Bref, restons vigilantes ! Pour nous et pour nos filles demain. Non les fille ne sont pas plus littéraires, oui elles peuvent -faire des maths, être astronautes ou pilotes de courses, il faut leur montrer la voie.

Allez je vous laisse j’ai la vidange de la voiture à faire moi.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s