« Serendipity » ou comment finir par déloger une souris du garage alors que je voulais juste nettoyer deux placards dans la cuisine ce matin(en passant par le démontage du syphon de l’évier)

©Martin berube

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Ce dimanche matin vers 11h30, un choix s’est offert à moi : m’attaquer au rangement de deux placards de la cuisine ou aller m’avachir devant l’ordi. Croyez-le ou non, j’ai choisi les placards ! Le désencombrement est donc une alternative saine à la vie hyper connectée. Nan j’rigole, je croyais que les placards ça allait me prendre dix minutes et que je pourrais aller m’avachir devant l’ordi sans culpabilité avec le sentiment d’avoir fait mon devoir.

Je vide donc lesdits placards, remplis de tasses, sachets de thé, tisanes en vrac, café, mugs, gobelets, bols, contenants variés. Comme je l’apprends depuis quelques mois, soit tu « ranges » – tu remets les objets en ligne ou en étage, tu les catégorises, petits avec petits, grands avec grands, rouge avec rouge, bref vous avez saisi, et tu refermes la porte des placards : 100% de chances de te retrouver à le refaire dans six mois. Soit tu « tries » – tu choisis uniquement de ne remettre à leur place que les objets qui serviront et tu imagines un autre destin aux autres – et dans six mois, tu t’attaqueras directement aux souris sans passer par la case placard. Ce qui est tu l’avoueras un gain de temps les dimanche pluvieux.

Bref, une fois que le plan de travail est envahi de tous ces objets et aliments hétéroclites, ta respiration n’a rien à envier à celle d’une femme entrain d’accoucher, tu retiens une larme voire tu mords fort tes doigts ou dans une cuiller en bois pour ne pas crier devant le b*rdel que t’as fichu, un dimanche matin, alors que déjà il pleut dehors et c’était assez déprimant en soi, c’était pas la peine d’en rajouter.

En plus tu découvres au fond d’un des deux placards des tasses personnalisées de tes enfants qui remontent à 10 ans bientôt et tu sais déjà que ça va être compliqué de t’en débarrasser, même si tu ne les as jamais utilisées et que leur déco laisse à désirer, entre bavures de stylos et traits aléatoires censées représenter un truc, mais ça fait tellement longtemps tu sais plus quoi. Sauf que le prénom est bien visible et que la première ou le premier qui arrive à mettre dans la case déchetterie de tels objets sans avoir le sentiment de mettre ses enfants à la poubelle lève le doigt (enfin, ceux qu’il te restent).

A cet instant, t’as envie d’abandonner, de tout remettre en vrac, et d’aller courir te réfugier devant l’ordi. Pourtant, cela fait plusieurs mois que je vis ces drames domestiques régulièrement, j’arrive donc à me reprendre, et j’utilise ma parade préférée, je prends des photos avant. Comme ça après, je pourrai mesurer le boulot accompli et en rire s’il me reste un peu d’humour.

Je commence par le plus facile, je trie les mugs et remplis entièrement une boite en carton de ses représentants les moins utilisés voire oubliés, tel celui en forme de pyramide, ou celui aux couleurs de princesses que ma fille a abandonnées depuis quelques années déjà, ou encore un mug scoubidou et un snoopy. Je n’admets aucun commentaire désobligeant à ce stade à l’encontre de nos goûts.

Une fois la boite remplie, en bonne désencombreuse, je ne garde surtout pas les tasses au vu et sus du reste de la famille (80% de chances que mari et enfants tentent de récupérer les objets en arguant des pires arguments, les sentimentaux, ceux que l’on ne peut pas contrer) ni ne les conserve dans la cuisine, non, je les apporte à mon quai de transit, j’ai nommé le bienaimé garage qui ne sert qu’à entreposer des objets en fin de vie, en souffrance, en partance.

Et forcément, quand j’arrive dans le garage, je passe devant tout un tas de « trucs », alors faut faire de la place pour le nouveau carton, donc je pousse, je joue à une nouvelle version des chaises musicales et je me retrouve je ne sais ni comment ni pourquoi, appelons çà ça un coup du sort ou plutôt de Murphy devant le sac de croquettes canines  ouvert alors que le contenant en plastique censé l’entreposer est quasi vide.

Dans un élan de rangement j’entreprends de vider le sac dans la boite et de changer le cours de mon destin dominical. Le sac se vide par les deux bouts ! Il y a un trou. J’en renverse la moitié par terre. Une fois terminé, je retourne le sac pour comprendre. Le sac a été grignoté. Ok, nous avons une (version optimiste) ou plusieurs (version réaliste) souris. Qui plus est croquettivore. Mais le pire reste à venir. En tirant le contenant, je découvre qu’un sac de terreau semble renversé. Je dégage l’endroit. Pas un mais deux sacs à moitié vides, grignotés et répandus à terre pour en faire un nid douillet. A l’étage au dessus, je retire également des sachets de végétaux grignotés d’un carton qui a servi de lit visiblement.

Donc je résume, dans la cuisine, deux placards vides, un plan de travail plein. Dans le garage, un contenant à croquettes vides puis plein et des souris. Il est 13h, et le repas n’est pas prêt.

Pendant ce temps, à l’étage au-dessus, le mari a décidé de transvaser le poison rouge de ma fille dans l’aquarium reçu à Noël. Aucun rapport me direz-vous aves l’histoire du rez-de-chaussée, détrompez-vous. Pour le moment, je refuse de penser au b*rdel en cours de formation au-dessus de ma tête et je me concentre sur ma tâche première : mes placards. Je laisse à la souris un sursis et je reviens à ma cuisine. Je lance même le repas.

C’est le moment que choisit Murphy mon mari pour redescendre avec l’ancien bocal, plein de cailloux bleus à jeter. Ce faisant il en laisse dans l’évier. Je décide de vider la bonde et à cet instant précis, je me souviens bien avoir ressenti un trop plein, oui j’en ai plein le dos de toute l’opération du matin, franchement je me serais assise devant mon ordi, l’histoire aurait été toute autre (sauf pour le repas, ok qui aurait été aussi tardif, relatif à l’agilité de ma souris, celle qui ne mange pas de croquettes). La bonde, taquine, me révèle qu’il y a un souci dans l’évacuation. Me voilà donc à la dévisser, découvrir un envers de décors pas glorieux, nettoyer, revisser.

Toujours deux placards vides, un plan de travail plein, un repas en cours et un squat de souris en plan.

Il est 13h40, je range désormais les placards sans ménagement en écartant tout ce qui n’y a pas sa place, j’épluche les patates et les fiche au four et je file au garage : je m’attaque au nid, à quatre pattes, je gratte la terre bien entassée contre les parois, la déloge derrière les pieds des étagères, remplis un sac poubelle. Je ne vois pas la souris, qui doit bien se marrer dans un coin du garage certainement. Je referme la porte du garage, je rentre dans la cuisine, je referme les placards maintenant bien rangés.

Je sors le repas du four et d’une voix pleine d’entrain et de petites fleurs je crie « à table B*RDEL ! »

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2 réflexions sur “« Serendipity » ou comment finir par déloger une souris du garage alors que je voulais juste nettoyer deux placards dans la cuisine ce matin(en passant par le démontage du syphon de l’évier)

  1. Si c’est dans mon garage que la souris avait élue domicile j’aurais moins ri mais là tu m’as offert une belle tranche de rigolade. Bon courage pour trouver l’indésirable !

    • Merci Cécile de ton passage, ce n’est pas la première fois que nous délogeons des souris (nos portes de garages sont de vraies portes d’entrée…) mais celels-ci ont fait fort ! Je tiendrai bien évidemment la communauté fan de souris croquettivore au courant de la suite des événements. 😉

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