La fable du garage : le rat, la nasse et la petite souris

©Martin berube

©Martin berube

Avouez, vous espériez une suite ! La voici, pour votre plus grand plaisir et mon plus grand malheur (mais vous vous en fichez ça de mon bonheur sans souris).

Mon mari est revenu le lundi avec de la nourriture empoisonnée, Rien que de prendre la boite et lire le mode d’emploi, j’étais moi-même empoisonnée. La description fait froid dans le dos, le port de gants est obligatoire tout comme le masque et la désinfection totale du corps après épandage, bref, un rêve pour l’écolo protectrice des animaux bien réveillée en moi. Devant un massacre annoncé, nous fûmes pris de remords, et le lendemain soir le mari est rentré cette fois-ci avec une nasse à rat : une cage avec un système de fermeture qui se rabat dès que le rat croque dans la pomme le fromage. (plus quelques croquettes de notre labrador qu’il avait l’air d’apprécier – cf épisode précédent)

Nous lui avons donné une semaine (jusqu’au jour de notre départ au ski)  pour se faire prendre après quoi, les grands moyens et le recours à la boite maléfique. Oui enfin bon, on n’a pas pu lui dire vraiment, on l’a pas vu. Mais il était prévenu.

Mardi matin : je n’ose pénétrer dans le garage, peur de me retrouver face au rat piégé, c’est plus fort que moi, j’envoie mon mari en éclaireur. Rien.

Mercredi matin : je risque un œil, toujours rien.

Jeudi matin  : nous commençons à préparer les affaires pour le ski, nous nous affairons dans le garage à descendre le coffre de toit (ah je vous ai jamais raconté comment j’ai conduit notre scénic avec un coffre sur le toit dans un parking parisien jusqu’au sous sol -5  avec une hauteur de 1,90m maximum autorisée ? ) quand soudain : Clac !  C’est la  nasse ! Elle vient de se refermer violemment ! Pleins d’espoirs nous nous retournons et…trouvons notre labrador toute penaude, la truffe basse. Elle n’avait pu résister au fromage (il faut dire qu’elle a été éduquée au gruyère) et aux quelques croquettes. Fausse alerte. Mais grand éclat de rire.

Vendredi matin (l’empereur, sa femme et le p’tit Prince) : toujours rien, il reste moins de 24h chrono à Jack euh le rat je veux dire pour se faire prendre.

Samedi matin : c’est le jour du départ : il est très tôt, tout est prêt et on a décidé de passer à la nourriture empoisonnée, on n’a plus le temps. Persuadée de ne rien trouver, j’ouvre la porte en grand, je m’avance  et aahhhhhhhhhhhheiiiiikkkkkk : deux yeux luisants me fixent. Il y a quelqu’un dans la nasse. Je referme aussitôt la porte. (et les chiennes de me dévisager et nos croquettes alors, on a faim nous ! ).  Je cours, je vole vers la salle de bains où se prépare mon mari et lui annonce la nouvelle. C’est le rat me demande-t-il ? Je sais pas, il y a deux yeux qui me fixent.  Ben Vas voir si c’est le rat. Non, toi. Non toi, bon bref, j’y retourne,  J’entrouvre la porte du garage et j’allume la lumière, je retiens mon souffle et …une minuscule souris me fixe, affolée, au fond de la cage, pas plus de 5 cm de long, la vraie campagnol de mon jardin.  Je soupire de soulagement. La pauvre ne comprend pas ce qu’il se passe. Nous sommes un peu perplexes, que faire ? La relâcher dans le jardin je propose ?  Et mon mari de rétorquer, mais elle va revenir de suite ! Il faut aller plus loin. 

C’est alors que j’en appelle à l’amoureuse des petites bêtes de la maison, j’ai nommé ma fille (les poux l’adorent) , à qui je confie  la nasse pour aller à l’orée du bois derrière chez nous (ça fait un peu petit chaperon rouge non ? Ou méchante belle mère qui envoie blanche neige en forêt hein ?) et de relâcher la souris. Ma fille toute heureuse, se saisit de la nasse et d’un petit pot de beurre se dirige vers la forêt. Elle revient auréolée de la victoire de la mission accomplie et claironne toute fière : je l’ai déposée au pied d’un arbre… et je lui ai même laissé les croquettes.

épilogue 1 : ma fille a perdu une dent en rentrant du ski et  l’a mise sous l’oreiller. J’ai dû lui expliquer qu’elle avait mis elle-même la petite souris hors de portée pour une quelconque récompense…

épilogue 2 : armée de gants, j’ai déposé les grains empoisonnés le long du trajet du rat. Croyez-le ou non, en rentrant, ils avaient disparu. Mais pas mangés. Non, le rat les avait transportés un par un derrière une table dans un nouveau nid ! Bon depuis, pas de nouvelle, il a dû en croquer un et nous reste la tâche la plus ingrate : retrouver son cadavre et mettre fin à cette série qui nous aura tous rongés les sangs 🙂

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